1963 - Expo BEERNHEIM

A N D R E 

B E U Z E B O S C     

1912 - 1992

Peintre Naïf - Né au HAVRE

29 -  1959 - Enfants dans la forêt -

137 - Fleurs au vase rouge 1970

Le peintre des FLEURS

Peintre naïf né au Havre, le 23 Juin 1912 – Décédé à Paris le 16 Janvier 1992

Rien ne destinait André BEUZEBOSC à la peinture... Il est né dans une famille modeste. Son père Achille était ouvrier « bronzier ». Sa mère couturière. Dans la famille, quelques oncles du côté maternel étaient pharmaciens ou préparateurs de père en fils, une véritable dynastie…. L’un d’eux, nommé DUPONCQ, avait une officine dans les beaux quartiers du Havre à Sainte-Adresse. Une anecdote familiale cependant est en rapport avec la peinture : cet oncle connu pour son bon cœur a hébergé et exposé dans son officine, dans les années 1860/1870, quelques jeunes peintres de ce qui devait devenir « l’école de Sainte-Adresse » chez les Impressionnistes. L’un d’eux, bien vu de l’oncle, se trouvant désargenté au moment de partir pour Paris, laissa en paiement de son séjour quelques toiles du groupe chez l’oncle. Celui-ci, peu connaisseur en la matière et se référant aux critiques de l’époque, décida que ces « croûtes » ne valaient rien et s’en débarrassa peu de temps après… On ne sait de quelle façon. Espérons seulement qu’elles furent données et non détruites… Voici comment la famille est passée à côté de quelques tableaux de Claude MONET… Le maître de l’impressionnisme !

On ne reparlera Peinture chez les BEUZEBOSC que dans les années 50…

André BEUZEBOSC aura peu connu son père dans sa prime enfance. En effet, comme tant d’autres, Achille fut mobilisé en 1914, au 329ème R.I. basé au Havre. À part quelques courtes permissions, il ne revint au foyer qu’en 1919, après avoir combattu à VERDUN, puis aux DARDANELLES avec l’armée d’Orient. André avait 2 ans à son départ, 7 à son retour et ne connaissait pas son père... Parmi les événements familiaux, notons qu’Achille BEUZEBOSC a épousé en 1911 Émilienne JUBEAU. Après André en 1912, un frère, Michel, est né en 1920 (père de l’auteur de ces lignes). Deux sœurs jumelles viendront en Mai 1924, l’une née non viable, la seconde, Mireille, décédera en Octobre 1926. La famille habitait Rue Aristide Briand au Havre. André entra à son tour « en pharmacie » comme préparateur autour de sa vingtième année, avec un de ses oncles. Il n’effectua pas de service militaire. Peu de temps après il se maria (en 1934) et eut une fille nommée Colette, née en avril 1936. Un divorce qui suivit au début années 40 devait le séparer de cette enfant qu’il vit peu. Ces années de guerre l’ont un temps éloigné du Havre, qu’il rejoignit après la Libération. Il reprit son métier de préparateur en pharmacie et travailla successivement dans diverses officines : à Sanvic, au Rond-Point, au Bd de Strasbourg. Durant la guerre, il rencontre sa 2ème épouse, elle-même divorcée, Germaine TRIQUET, qu’il épousera en Juillet 1947. Modiste-Chapelière et un peu artiste, de 4 ans son aînée. Elle l’accompagnera tout au long de leur vie, en le poussant à s’exprimer sur le plan artistique. Dans leur appartement du 307 rue Aristide Briand, il s’essaya un temps aux moulages, à la sculpture, et enfin à la peinture, à partir de 1953/54. Bien sûr, tout cela d’instinct et sans autre référence que ses lectures, visites de musées, observations de la nature, des fleurs et des conseils de son épouse Germaine. Je pense qu’ils étaient à eux deux, un seul peintre dont André était les mains qui tenaient pinceaux et palette. L’inspiration toutefois demeurait sienne…

En effet, tout au long des années de son art, Germaine a été très présente auprès de lui par ses remarques, conseils, voire retouches de ses toiles, ajoutant elle-même un petit détail sur une toile… Ici un insecte minuscule sur une fleur, là un cerceau devant un enfant « croqué » en pleine course, ou encore un arbuste dans un paysage de campagne, un oiseau dans le ciel… Elle-même signa quelques toiles du nom de G. QUETRY (anagramme de son nom). Ces toiles, d’ailleurs, ont vraisemblablement été peintes « à quatre mains »… car ils échangeaient un regard complice et amusé en les évoquant. Certaines ont été exposées. C’était pour eux une bonne blague faite aux critiques de l’époque et un test à leur sérieux...

Les toutes premières toiles intéressantes d’André BEUZEBOSC ont été produites à partir de 1956. Comme très souvent chez les débutants, il s’essaie à la reproduction de peintres connus : on verra successivement un portrait de Bonaparte ou une jeune fille au piano d’après DAVID ... Un Maréchal Maurice de Saxe, copie d’un célèbre tableau de QUENTIN-LATOUR… certaines sur bois, d’autres sur toiles. Il produira aussi pour lui-même, cette année-là, un ensemble de 2 petits portraits : une vieille femme (d’après REMBRANDT) et un vieil homme, son vis-à-vis, d’après une simple carte postale en noir et blanc, mais dans le style du premier... Une vraie réussite et la démonstration de sa « patte »… Une quinzaine de premiers tableaux seront ainsi réalisés, mais certains ne lui plaisant pas, il les détruira… Cette même année 1956, début de ses créations personnelles : quelques natures mortes, des paysages, des bouquets… On trouve alors des toiles totalement naïves, avec des personnages illustrant des scènes de rue, des parties de campagne, des vues de plage à Ste Adresse, et surtout des Fleurs… Ce qui frappe dès cette époque, ce sont des couleurs incroyables, des formes sorties tout droit de son imagination, des fleurs « à lui ». L’un de ses patrons, pharmacien, Mr LEDOUX, le pousse à montrer ses toiles à des relations locales dont le Dr LECOEUR, M. LEGEAI, et à exposer dans une galerie du Havre : la Galerie HAMON, place de l’Hôtel de Ville. Il y reçoit de précieux conseils et de lui-même prend sa peinture au sérieux. Des articles élogieux dans la presse locale, (voir en annexe) et les premières expositions publiques au Havre confirment son talent. Il y sera remarqué entre autres par Armand SALACROU, célèbre écrivain et auteur de théâtre très joué à Paris. Son épouse était cliente de Germaine BEUZEBOSC dans son atelier de modiste. Dès cette époque, on évoque avec ses toiles une « touche » du douanier ROUSSEAU. Ses premiers supporters sont ses premiers acheteurs. Les expositions se succèdent et le succès est au rendez-vous.

1956  Jeune fille au Piano Copie DAVID

1956 -Les Vieux (2)

1956-Les Vieux (1)

Parmi les premières toiles  :  Jeune fille au Piano (Copie d'après David)

                                               Un couple de vieux (La femme d'après un Rembrandt,  l'homme                                                        d'après une carte postale d'un vieux Basque)

Ses relations autour d’Armand SALACROU l’amènent à réaliser en Mars 1959 une affiche originale pour le Théâtre St Georges à Paris, à l’occasion du 4ème anniversaire de « Patate », pièce de Marcel ACHARD alors très jouée à Paris.

Afin de concilier son travail de préparateur en pharmacie et sa passion de la peinture, André BEUZEBOSC peint à des heures très régulières : l’été de 6 h à 8 h, et toujours à la lumière naturelle. Y compris le week-end. En hiver, il se réserve la journée du dimanche... Il prend beaucoup de croquis et d’idées lors de ses promenades – entre autres – en forêt de Montgeon ou à Sainte Adresse, mais restitue toujours de mémoire lorsqu’il peint. Devant sa toile, il commence toujours par les fonds qu’il réalise vite, si possible en une fois. Puis, il dispose son sujet (fleurs en bouquet ou en vase) par un léger trait de peinture blanche en guise d’ébauche. Ensuite, il passe directement à la couleur, suivant alors son inspiration. L’achèvement d’une toile peut, selon les cas, prendre de quelques jours à plusieurs semaines…

Dès lors qu’il expose, André BEUZEBOSC, très méticuleux, répertorie, date, analys ses toiles sur des cahiers d’écolier, note ses préparations de couleurs ou de vernis… Après sa disparition en 1992, son épouse Germaine conservera ces précieux documents et me les remettra en 1999 avec quelques toiles. À sa demande, j’ai essayé de faire vivre sa peinture. C’est cette fidélité du souvenir et ma conviction de l’intérêt de son travail qui m’ont amené à faire une dernière Expo-Vente en 2013/2014 au Grenier de Provence à CAVAILLON (84). J’y ajoute en cette fin 2014 cette biographie que je confie à la « Toile »… Juste retour des choses et clin d’œil à ceux qui ont eu le plaisir de contempler sa vision de la peinture, sans connaître pour autant la vie de l’artiste André BEUZEBOSC.

LES EXPOSITIONS : De 1956 à 1970, il aura été de presque tous les « Salon d’Automne des Artistes Havrais » tenus à la Galerie HAMON. Il y a reçu au salon de novembre 1967 le prix « B. Esdras Gosse » et deux de ses toiles, achetées par la Ville, ont été remises au Musée d’Art Moderne du Havre.

En 1961, il prend contact à Paris avec la Galerie ROMANET. M. André ROMANET vend quelques toiles, l’encourage, le fait connaître à Paris et le recommande à des confrères.

Fin 1962, il est remarqué par la Galerie Marcel BERNHEIM, rue La Boétie à PARIS, qui l’exposera en avril 1963. Le succès est réel et ses meilleures toiles sont vendues. Les critiques de l’époque évoquent une peinture à la limite du surréalisme…. (voir suite sur coupures de presse de l’époque)

Cette même année, il est approché par la GALERIE 93, rue du Faubourg St Honoré à PARIS. Son directeur, M. Claude VOLNAY, spécialiste reconnu en peinture moderne, le conseille, l’oriente presque exclusivement sur LES FLEURS, qui constitueront l’essentiel de son travail. M. VOLNAY l’expose et le vend jusqu’aux U.S.A. (plusieurs dizaines de toiles), ou en Australie. Certains de ces amateurs lointains entretiendront avec André BEUZEBOSC une correspondance durant quelques années… La Galerie 93 vendra environ 35 toiles.

André BEUZEBOSC exposera encore à PARIS en avril 1968 au Salon des Artistes Français au Grand Palais. Avec succès, où se noueront des contacts avec :

La Galerie CHARPENTIER à PARIS.

La Galerie MORENTIN-NOUVION – qui le vendra à Paris et en Province en 1968 et 1969.

La Galerie MAJESTIC VALLOMBREUSE à BIARRITZ

En Août 1969, il expose au Festival d’Art d’ETRETAT (76) ainsi qu’au Salon d’Automne des Artistes Havrais en Octobre.

Sa dernière exposition Havraise se tiendra au même S.A.A.H. en Novembre 1970.

Cette époque, le début des années 70, voit un tournant négatif à sa carrièr. En effet, les Galeries Parisiennes qui lui promettaient la notoriété demandaient en retour une forme d’exclusivité… chacune… Il se refusait un peu à cette pratique et a cru ... naïvement... qu’il pouvait peindre, être connu, reconnu et vendre sans leur aide… Il ignorait que le monde de l’Art a ses règles, ses codes, dont on ne peut ni ne doit sortir !

En 1971, il peint encore 8 toiles – toujours des fleurs – mais le moral n’y est plus. Il a quelques soucis de santé : rhumatisme déformant (mains, colonne vertébrale...). Un peu aigri, Il cessera de peindre jusqu’en 1980. Après sa retraite en 1982, il pense qu’en venant habiter PARIS, il sera plus près des Galeries et de ses acheteurs. André et Germaine BEUZEBOSC déménagent au 2, rue Louis Codet, dans le 7ème arrondissement, près des Invalides et de son dernier Galeriste… Entre 1980 et 1984, il peindra ses 9 dernières toiles. La toute dernière, « bouquet aux campanules », a été commencée fin 1981 et achevée en mars 1984…

Dans son répertoire personnel, elle porte le N° 172. Si l’on y ajoute les toiles du début (années 50) et non numérotées, ce sont environ 190 toiles qui ont été produites par André BEUZEBOSC.

André BEUZEBOSC est décédé à Paris, le 16 Janvier 1992 à 80 ans. Il fût inhumé au cimetière Montmartre Nord, au plus près du carré des artistes. Un endroit qu’il avait lui-même choisi avec Germaine, son épouse, qui l’y rejoindra en Janvier 2000. Elle avait 92 ans et ne se consola jamais de la perte de son mari. Ils étaient un couple fusionnel. Son souhait, durant ces 8 années sans lui, fut chaque jour de le retrouver, et à la fin de sa longue et heureuse vie, elle n’a pas voulu manquer le rendez-vous…

C’est à leur mémoire que je dédie ces lignes affectueuses.

Jacques BEUZEBOSC – Novembre 2014.

ANNEXE :  Quelques toiles (voir en en-tête, dans la GALERIE).

                   Articles de presse - Critiques diverses.

01-Havre Libre Sept 1959

04 -Paris-Normandie 1963

05 -Salon d'Automne Nov 1967